Le CPE est retiré, la lutte continue
Plus de deux mois de luttes, de manifestations, de blocages auront finalement eu raison de la morgue et de l'insolence de Villepin et de Chirac, malgré la répression et les intimidations policières.
Mais pour nombre d'entre nous, le sentiment d'avoir emporté une réelle victoire, le dispute au sentiment que nous aurions pu aller plus loin et que rien n'est finalement réglé : le CNE, frère jumeau du CPE dans les entreprises de 20 salariés et moins, est toujours là comme la loi sur l'égalité des chances qui permet l'apprentissage à 14 ans ou le travail de nuit à 15 ans.
Tirer les leçons de notre mouvement
pour préparer la suite
« Retour à la normale dans les universités et les lycées » titrait la presse quelques jours après l'annonce du retrait du CPE. Mais ceux qui pensent que notre lutte est finie ou que nous sommes rentrés dans le rang se trompent ou se rassurent à bon compte. Plus rien ne sera tout à fait comme avant et notre victoire contre le CPE prépare d'autres luttes contre la précarité.
Nous avons fait l'expérience que nous pouvions être une force en nous organisant à la base, dans les assemblées générales, en nous coordonnant de ville en ville et au plan national pour décider démocratiquement de notre mouvement. Sans se contenter des mots d'ordre des directions syndicales qui n'ont pas voulu continuer après le 10 avril ou généraliser la lutte et sans suivre les partis gouvernementaux de gauche qui nous demandaient d'attendre les élections de 2007 pour changer les choses. La seule façon de changer nos vies, c'est de prendre directement notre sort en main.
Nous avons fait l'expérience, et montré à tous les salariés, qu'une loi, même votée par le Parlement ou promulguée, pouvait être retirée à condition d'aller jusqu'au bout, de défier le pouvoir de l'Etat, de contester la légitimité du Parlement et des institutions au service de l'ordre bourgeois.
La conscience d'un intérêt commun avec les travailleurs s'est répandue dans la jeunesse.
Ces liens tissés au fil du mouvement, cette expérience commune ne doivent pas se perdre mais préparer d'autres luttes.
En finir avec la précarité et le chômage, c'est contester tout ce système !
Aller au delà du retrait du CPE, rentrer en lutte contre la précarité, le chômage et la misère, c'est remettre en cause l'exploitation capitaliste qui fait de chacun de nous des marchandises que le patronat peut utiliser et jeter à sa guise, c'est rentrer en affrontement direct avec la logique de ce système qui accumule les richesses dans les mains d'une poignée de privilégiés alors que les besoins sociaux du plus grand nombre sont niés. La seule véritable réponse réside dans le contrôle démocratique de l'économie par la population.